Interview Dynise Balcavage

Interview de Dynise Balcavage

Dynise Balcavage fait partie des noms incontournables en matière de cuisine vegan. Vivant à Philadelphie, Dynise possède un blog, au travers duquel elle fait profiter ses nombreux fans de ses recettes, mais aussi de ses trouvailles et voyages. Dynise Balcavage vient de sortir un tout nouveau livre de cuisine, Pies and Tarts with Heart.

Quand avez-vous commencé à être vegan et pourquoi ce choix ?

D. B. Je suis devenue vegan en 2006, à 41 ans. Depuis l’âge de 14 ans, j’alternais le véganisme et le végétarisme, en étant principalement végétarienne. Ce n’est qu’en 2006 que j’ai réellement compris que même si j’étais végétarienne et que je me battais contre la souffrance animale, je contribuais à cette dernière en mangeant des œufs et du lait. Suite à cette prise de conscience, je me suis également renseignée sur l’élevage intensif et les avantages du véganisme pour la santé et l’environnement. J’ai ainsi réalisé que ce type d’alimentation n’avait que des avantages.

Du point de vue culinaire, j’ai aussi adoré l’idée de cuisiner vegan. La plupart des plats vegan que j’avais essayés étaient soient trop stéréotypés « sains » ou n’avaient aucun intérêt (et malheureusement c’est encore souvent le cas). J’ai donc décidé de me mettre à cuisiner des plats vegan que les gens aimeraient parce qu’ils seraient aussi bons que n’importe quel type de cuisine.

 

Qu’est-ce que vous aimez tout particulièrement à Philadelphie ?

D. B. Pour être honnête, en ce moment, je ne suis pas très fan de Philadelphie. Ce peut être une ville relativement hostile et je déteste lorsqu’il fait froid. Par contre, j’adore les nombreux restaurants qui proposent de la super cuisine vegan. Bien sûr, il y a Vedge, l’un des meilleurs restaurants vegan du monde, que les omnivores comme les végétariens adorent. Nous avons aussi  Blackbird Pizzeria, qui est entièrement vegan et des tonnes de restaurants chinois vegan ainsi que différents lieux où l’on peut trouver des plats vegan.

Comme je cours régulièrement, j’apprécie aussi le fait que Philadelphia dispose de très nombreux endroits où courir tranquillement. Fairmount Park part du beau milieu de la ville, près de l’Art Museum et vous emporte sur des chemins vous donnant la sensation d’être au cœur d’une forêt. C’est l’un des plus grands parcs de ville des États-Unis.

 

Vous semblez adorer la France, à quoi est-ce dû ?

D. B. Oui, j’adore la France ! Tout d’abord je dois poser le décor : j’ai grandi dans une ville minière, dans une petite maison semblable à toutes celles de la rue. Tout était gris. Il n’y avait aucune esthétique, car l’esthétique était un luxe que nous ne pouvions pas nous offrir. La plupart de gens finissaient leurs études et trouvaient un travail de bureau. Les gens étaient souvent très pauvres, et du coup, l’alcoolisme et la dépression faisaient des ravages.

J’ai appris le français de la 4e à la Terminale, et comme je suis une littéraire, j’ai adoré apprendre cette langue. En terminale, mon club de Français au lycée a organisé un voyage en France. Comme je n’avais pas les moyens d’y aller, j’ai décidé de vendre des tickets de loterie pour me faire de l’argent. Je n’avais pourtant toujours pas assez et c’est ma tante Regina, une grande voyageuse, qui m’a gentiment donné la différence.

Je n’étais jamais allée à New York et me voilà soudain en plein Paris, la Ville Lumière. Au lieu de voir un paysage minier, des maisons décrépies et de manger du pain en tranche pour le petit-déjeuner, j’étais place Saint-Michel, mangeant un croissant artisanal, admirant une architecture datant de centaines d’années. Entourée de passants habillés à la mode, je me retrouvais alors emplie d’une énergie totalement différente, pleine de lumière et d’espoir.

Parler français est devenu un véritable bonheur pour moi. Je me suis aussitôt acheté une écharpe et je l’ai mise autour de mon cou, comme les jeunes femmes les portaient dans les années 80. Même si cela parait totalement cliché, à ce moment-là je me suis sentie différente.

Paris et ma tante Regina m’ont littéralement sauvé la vie. Paris m’a permis de réaliser l’impact que la beauté et l’esthétique peuvent avoir sur votre conscience ou votre humeur. Ça m’a permis de comprendre qu’il y avait une autre manière de vivre sa vie. Même en ayant peu, chacun peut bien vivre en étant créatif et savourer les petits et les grands plaisirs de la vie.

Je suis retournée en France tellement de fois ! J’ai même fait des démonstrations de cuisine au Paris Vegan Day de 2010, en très mauvais français !

 

Mange tes légumes ! Y a-t-il un légume que vous n’aimez vraiment pas ?

D. B. Oui, je ne suis vraiment pas fan du gombo ou du bok choy. C’est une question de texture.

 

Le plat qui vous réconforte le plus

D. B. Les pâtes ! Je pourrais en manger toute la journée.

 

Le pire pays où être vegan

 D. B. Je peux seulement parler pour les pays que j’ai visités, mais ce fut assez dur à Aruba.

 

Une recette que vous pouvez faire et refaire sans jamais vous en lasser

D. B. Juste une ? Je dirais les pâtes sauce marinara. Mais je mange une énorme salade tous les jours aussi, je ne m’en lasse pas, car je change les ingrédients tous les jours. Un jour j’ajoute des pois chiches, un autre du tempeh ou du tofu frit. J’utilise aussi diverses sauces et différents légumes. Pareil pour la sauce marinara, ce n’est jamais exactement la même. J’adore la variété en matière de nourriture.

 

Les Américains et les Français… qu’est ce qui les rend différents ?

D. B. Eh bien, la France est aujourd‘hui autant un melting pot que les États-Unis, donc les similarités sont de plus en plus nombreuses, car nos cultures se mélangent avec d’autres. En général, je pense qu’aux États-Unis nous ne savons pas apprécier le plaisir et la beauté comme le font les Français. L’esthétique, l’art, la culture et profiter, que ce soit d’un diner entre amis ou d’une balade en forêt, semblent faire partie intégrante des mentalités françaises, et ce, dès le plus jeune âge. Malheureusement, on apprécie peu l’art aux États-Unis, pas autant que l’on devrait. On se concentre sur le travail, le travail, le travail, ce qui est démesuré je trouve.

 

Si on vous proposait de travailler sur un livre de cuisine avec un chef, qui serait-il/elle ?

D. B. Je ne travaillerais pas avec un chef vegan, ce serait trop prévisible. J’adorerais travailler avec Nigella Lawson. J’ai un vrai faible pour elle, je pense que c’est l’un des meilleurs auteurs en matière de cuisine.

J’ai rencontré Nigella lors d’une séance de dédicaces à Philadelphie. Elle est merveilleuse. Je lui ai même donné une copie de mon premier livre de cuisine. Elle comprend que la nourriture doit être liée au plaisir, au fait de se poser et de profiter de ses repas avec ceux que l’on aime. J’adorerais voir son hédonisme traduit dans des recettes vegan !

 

Cupcakes ou muffins : lequel est votre préféré et pourquoi ?

D. B. Les cupcakes parce qu’il y a plein de glaçage dessus !

 

Un mot pour décrire la personne qui vous a envoyé cette interview

D. B. Juste un ? Pleine de compassion. Je dirais plutôt pleine de compassion, créative et belle.

 

Pour en savoir plus sur Dynise : http://urbanvegan.net/p/about.html

2 commentaires

  1. Shashikant Dubey

    Fantastic Interview,Given on Vegan.God bless her.

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  1. vegan love from across the pond | Vegan Today

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